Lauren, expatriée au Koweït et apprenante à l’ETNA grâce au format ONLINE


Lauren, 38 ans, ingénieure diplômée de l’Ecole Centrale de Nantes, vit à l’étranger depuis 14 ans. Après une première expérience industrielle en France et au Maroc, elle a vécu sur plusieurs continents et a fondé une famille. Depuis Septembre 2017, elle suit la formation d’Architecte logiciel et développeur d’applications en ligne de l’ETNA, en partenariat avec IONISx. Nous l’avons interviewée. 

Lauren FRONTINI

1- Quel est votre parcours professionnel ? 

Après une première expérience industrielle en France, je suis partie au Maroc où j’ai participé pendant plusieurs années au développement d’une usine de fabrication et montage de pièces de mécanique pour l’aéronautique, filiale d’un groupe français. Après 5 ans, ayant eu entre temps mon premier enfant, nous avons quitté le Maroc, puis avons continué de parcourir le globe au gré des projets sur lesquels travaillait mon mari. Nous avons ainsi eu la chance de vivre dans des pays aussi variés que le Pérou, l’Australie, la Chine et maintenant le Koweït.

J’ai maintenant 3 enfants, 38 ans et n’ai pas repris d’activité professionnelle à proprement parler, d’une part par choix de passer du temps avec mes enfants en bas âge, et d’autre part car les infrastructures d’accueil pour les enfants préscolaires ne sont pas partout aussi développées qu’en France….

2-     Diplômée de l’école Centrale de Nantes il y a plus de 10 ans, pourquoi avez-vous décidé de suivre une formation d’Architecte développeur et logiciel d’applications ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai eu une grosse coupure dans ma vie professionnelle et je souhaite rechercher un emploi après notre retour du Koweït d’ici fin 2019. Il m’a donc semblé impératif de mettre à jour mes compétences et de suivre une formation de bon niveau pouvant se faire à distance.

3- Pourquoi cette filière ? 

Plusieurs raisons… La première par goût de la programmation. Cela s’intègre dans la continuité de ma formation initiale, puisque j’ai suivi une option en automatique et robotique, au cours de laquelle j’ai pu développer ma logique algorithmique et l’apprentissage de divers langages. Ensuite c’est un domaine en pleine expansion et les besoins en recrutement sont très importants.

En étant à l’étranger, on prend du recul sur la situation dans notre pays d’origine et sur les grands changements qui s’y opèrent. La transformation digitale est au cœur des projets pour les années à venir et pouvoir y prendre part activement m’a motivée pour ce changement de cap.

Par ailleurs, la formation continue et les capacités d’adaptation au changement sont des valeurs très recherchées aujourd’hui et je m’intègre donc parfaitement dans ce schéma.

3-     Comment s’organise une journée type au Koweït ? 

Les journées commencent très tôt ici, donc réveil à 5h30… Ensuite une fois les enfants partis à l’école, je me partage entre ma formation, les contraintes de la vie quotidienne et un peu de socialisation. Je dirai que je travaille en moyenne 4-5h/jour de semaine.

Au retour de l’école en début d’après-midi, je mets ma casquette de prof de français et j’enseigne via des cours par correspondances les joies de la grammaire et de l’orthographe française à mes trois enfants en école primaire. Ils suivent en effet leur scolarité en anglais et un complément est donc nécessaire dans ce domaine !

Nous sommes membres en famille d’une association regroupant des français au Koweït et participons aux évènements principalement pendant les week-ends.

4-     Vous avez vécu pendant plus de 10 ans à l’étranger en raison de l’activité professionnelle de votre conjoint, qu’est-ce que cette expérience vous a apportée ?

Vivre à l’étranger est d’une richesse extraordinaire en termes d’ouverture sur le monde, de diversité de rencontres, de remise en question de ce qu’on prend pour acquis…

Au cours des ces années, j’ai rencontré et lié des amitiés avec des personnes très variées, de tous niveaux sociaux, de nombreuses nationalités et de diverses cultures. Il y a beaucoup moins de barrières et chacun est parfois là pour une tranche de vie ou pour toujours, mais l’envie de découvrir les différences, de comprendre les codes, finalement de faire un bout de chemin ensemble, rapproche tous ceux qui y sont sensibles.

J’ai également développé une grande capacité d’adaptabilité. Même si tous les individus ont foncièrement les mêmes besoins, l’organisation de la vie est loin d’être la même partout !

J’ai aussi appris à profiter de ce qui m’était donné. On ne peut pas calquer une vie standard partout. Il y a des manques, des incompréhensions, des exaspérations, mais apprécier ce qui est bien là où l’on est, plutôt que de se focaliser sur les points négatifs est une bonne règle de vie…

Finalement l’apprentissage des langues étrangères a bien sûr rythmé chacune de nos étapes (arabe, espagnol, anglais, chinois) avec des niveaux de maîtrise variés.

5-     Quelles compétences / savoir-être avez-vous acquis / renforcé depuis que vous avez commencé cette formation ?

Depuis le début de ma formation en septembre 2017, j’ai acquis des compétences dans divers langages de programmation (C, Java, C#, un peu de PHP), mais aussi dans la connaissance de leurs spécificités, avec en particulier la découverte plus approfondie de la logique de la Programmation Orientée Objet. Ayant intégré ce Mastère sans formation informatique préalable, chaque langage est une nouveauté pour moi, mais avec du travail, j’ai jusque là toujours bien performé et acquis les compétences attendues à l’issue des différents modules.

J’ai aussi pris conscience d’une part de la nécessité d’architecturer correctement un projet en amont, pour être plus efficace dans la réalisation, pour anticiper les évolutions futures possibles et d’autre part de l’importance de la documentation d’un programme (commentaires, noms explicites….) pour faciliter la lecture par d’autres ou la reprise du code ultérieurement.

J’ai également acquis des notions en méthodologie de projet avec en particulier la méthode Agile, qui a pour but de fixer des objectifs priorisés à courts termes. Aller à l’essentiel et fournir rapidement un produit fonctionnel !

Enfin les projets se faisant principalement en groupe, j’ai renforcé mon expérience dans la gestion de projet à distance, découverts des outils de suivi comme Trello et trouvé un équilibre entre travail en autonomie et échanges avec les membres du groupe.

6-     Quelle expérience tirez-vous de la période d’immersion (piscine) ?

La période de piscine, qui a duré deux mois, a été une période éprouvante et challenging ! Du travail individuel et en grande autonomie sur des sujets quasiment tous nouveaux… Beaucoup de temps à se documenter, à coder, à tester et un système d’évaluation intraitable qui arrête de compter les points dès la première erreur, une norme en C qui nous a tous terrassés en comptant en négatif tout manquement à la règle…

Mais au final, ces déceptions ponctuelles m’ont appris à être rigoureuse et à balayer l’ensemble des situations possibles pour un problème donné, et non pas me concentrer uniquement sur celle attendue : « Don’t trust user input »…

7-     Quelles difficultés avez-vous rencontré et comment avez-vous fait face à celles-ci ?

Pendant la formation, les difficultés auxquelles j’ai fait face sont l’isolement, la recherche de documentation/information et le la répartition des tâches sur un projet en équipe.

Pour ce qui est de l’isolement, j’ai petit à petit pris conscience qu’il y avait à l’école un support pédagogique et technique, ainsi que des Jawas et professeurs qui étaient à notre disposition et que je n’hésite plus à contacter quand j’en ai besoin. On a tendance, en étant à distance, à ne pas se considérer comme faisant partie de la vie de l’école, alors que l’on est en droit de bénéficier également des compétences de l’équipe encadrante.

J’ai aussi appris à connaître d’autres étudiants en formation à distance avec qui je peux échanger sur le plan technique, organisationnel, …

Concernant la documentation, les supports de cours dans certaines matières sont restreints et il y a donc beaucoup de recherche à faire par soi-même. Pour cela, pas de mystère, Google est mon meilleur ami ! … Mes recherches sont devenues plus pertinentes, je sais mieux où chercher, j’ai quelques sites de référence. Je n’hésite plus à faire un mini-projet/exercice en reprenant des infos de certains tutoriels pour m’approprier les concepts.  Le temps « perdu » à faire autre chose que le projet demandé est au final bénéfique.

Enfin pour le découpage d’un projet à plusieurs, la clé est tout d’abord de former une équipe de personnes ayant les mêmes objectifs de réussite et le même degré de motivation, pour ne pas se sentir ni à la traîne, ni avoir l’impression de tout faire.

Ensuite, se réunir régulièrement est important. Sur des projets de plusieurs mois, nous nous retrouvons sur Hangout généralement de façon hebdomadaire, avec des échanges sur Slack entre temps si nécessaire. Nous nous fixons des objectifs pour la semaine à venir, faisons des points sur notre progression. Même si parfois nous n’avons pas avancé, ces échanges réguliers permettent de rester concernés par le projet.

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Au fur et à mesure de l’apparition des tâches à réaliser, la répartition se fait « naturellement » entre les compétences, goûts et disponibilités de chacun.

8-     Quels sont vos projets à court terme après la formation ?

La fin de la formation correspondra à notre date de retour en France. Ce sera alors le début d’une nouvelle histoire à écrire ! S’installer dans une ville encore inconnue, rechercher un emploi, profiter de nos familles et amis qui seront désormais à une distance plus raisonnable de nous et apprécier tout ce qui nous a manqué de la France pendant ces années à l’étranger !

9-     Etes-vous satisfaite de cette formation ?

Oui pour plusieurs raisons. Tout d’abord par l’opportunité qu’elle me donne en étant 100% à distance de me former en Mastère dans un domaine qui m’intéresse. Egalement car je sens que j’acquière des compétences autant du point de vue technique que méthodologique En guise d’amélioration, nous aurions souhaité pouvoir participer aux ateliers organisés à distance pour les étudiants en alternance. En effet, des formats adaptés pour les étudiants à distance ou des retransmissions en vidéo permettraient de nous faire profiter de ces séances de travail.

10-  Recommanderiez-vous cette formation ? Quels seraient vos conseils aux futurs apprenants en ligne ?

Je recommanderais cette formation mais uniquement pour des personnes motivées et capables de travailler en grande autonomie. La quantité de travail demandée (pour se former d’une part et pour réaliser les projets d’autre part) est assez importante si l’on souhaite avoir des projets bien aboutis.

Je conseillerais :

  • de définir des plages horaires de travail dédiées à la formation ;
  • de faire la piscine avec sérieux, même si ça prend du temps et que les déceptions sont nombreuses ;
  • d’identifier pendant la piscine les personnes investies dans leur formation en vue des futurs projets en groupe ;
  • de ne pas hésiter à solliciter dès que nécessaire les responsables pédagogiques pour faire remonter les problèmes et les encadrants techniques pour prendre des conseils et faire des suivis ;
  • de prendre du temps en début de projet pour en définir les contours et identifier les fonctionnalités essentielles (MVP : Minimum Viable Product).

 

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